Tara, voyage au cœur de la machine climatique
Publié le Mardi 13 mai 2008Le film Tara, voyage au cœur de la machine climatique, réalisé dans des conditions extrêmes, raconte le quotidien de cette mission sans équivalent. Nous découvrons comment les membres de l’équipage, prisonniers des glaces à bord de Tara, ont livré un combat incessant contre le froid, la nuit ou le jour permanents, contre les mouvements des plaques de glace ou les tempêtes qui détruisent sans cesse les installations sous la menace des ours, poussés au cœur de l’Arctique par la disparition de la banquise. Mais au-delà de l’exploit, ce documentaire nous montre que la mission scientifique a révélé une réalité beaucoup plus alarmante que prévu pour le climat de la planète…
Entretien avec le réalisateur : Emmanuel Roblin
Quelle sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans la réalisation de Tara, voyage au cœur de la machine climatique ?
Nous avons voulu dépasser le cadre local du réchauffement. L’ambition du film est de montrer les conséquences de la fonte de la banquise à l’échelle planétaire. Cela a demandé d’assimiler de nombreuses connaissances des phénomènes climatiques au niveau global. Il s’agit de notions complexes à maîtriser et encore plus à illustrer. Ensuite, une des autres difficultés a été de faire en même temps un film relatant à la fois le quotidien des hivernants et leurs aventures sur la glace et un film scientifique. Il est souvent assez difficile de faire concilier récit et pédagogie.
Quels sont les messages que vous avez voulu faire passer dans le film ?
J’étais particulièrement concerné par deux messages. Le premier, montrer que les huit hommes du bord tenait d’une certaine façon le destin du programme scientifique Damoclès entre leurs mains. Cette idée me tenait particulièrement à cœur. Le piège à éviter était de ne pas en faire des héros mais de montrer comment réagissent des hommes ordinaires qui se retrouvent confrontés à des situations extraordinaires sans tomber dans une dramatisation à outrance. La seconde idée était de montrer la science en marche.
Mais pas une science qui baigne dans le catastrophisme. Une science qui va sur le terrain chercher des faits. Une science qui s’interroge et qui est capable de proposer des solutions. A travers ce film, Thierry Ragobert – qui m’a rejoint pour finir la réalisation – et moi, avons voulu adopter une démarche positive. Le réchauffement climatique n’est pas une fatalité. Ce film n’est pas un film de plus sur les ravages du CO2 mais une tentative de comprendre comment le réchauffement agit sur l’Arctique et comment l’Arctique influence le reste de la planète.
Liens :
www.taraexpeditions.org
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Rédigé par Benoît | Evènements | Aucun Commentaire »

