NON aux porteurs de flamme Olympique à l’Everest

Photos - mckaysavage - FlickrEn tant que guide de haute montagne, je me déclare attaché(e) à un alpinisme porteur de sens, d’ambitions nobles et de valeurs humanistes, au premier rang desquelles le respect des droits de l’Homme et des populations autochtones.

Je m’oppose résolument à toute ascension, où que ce soit dans le monde, dont l’esprit, les motivations politiques ou commerciales ou les conditions de déroulement contreviendraient à ces principes éthiques.

Ainsi :

  • en raison des troubles politiques graves qui affectent le Tibet depuis son annexion par la Chine en 1959;
  • en raison des soulèvements populaires qui s’y sont récemment déroulés;
  • et en raison de la répression sanglante exercée actuellement par les autorités militaires chinoises sur les manifestants,

je considère que le projet de la République populaire de Chine de hisser la flamme olympique au sommet de l’Everest est particulièrement inopportun, singulièrement blessant pour la population tibétaine et foncièrement avilissant pour l’himalayisme en général et pour l’Everest en particulier.

En conséquence, je demande à l’ensemble de mes confrères guides et aux alpinistes de tous pays de ne participer en aucune façon à faciliter la réalisation de ce projet.

Au nom d’une réelle éthique de l’alpinisme qui ne saurait s’accommoder de telles compromissions, j’appelle également les instances nationales et internationales de la montagne, syndicats professionnels nationaux et UIAGM, ainsi que l’ensemble des clubs alpins nationaux à se déclarer également officiellement contre cette opération et à n’y collaborer en aucune manière.

Nous avons décidé avec quelques confrères d’initier un mouvement de protestation des guides contre l’opération de hissage de la flamme olympique à l’Everest.
Nous demandons à ceux qui adhèrent au texte ci-joint
de le diffuser largement auprès des confrères et à nous le renvoyer complété et signé sous la forme à leur convenance (e-mail, PDF joint ou courrier papier) aux adresses suivantes :

  • courriel : yannick.vallencant(at)wanadoo.fr ou cravier(at)club-internet.fr
  • adresse postale : Yannick Vallençant - 4, rue des Pommières – 69005 Lyon

Nous nous chargerons alors d’adresser copie de leur courrier (ou un message collectif) aux différents interlocuteurs concernés (SNGM, UIAGM, etc).


Nous préparons également la même initiative dans plusieurs pays européens et nous recherchons des traducteurs parfaitement bilingues en anglais, allemand, italien et espagnol ainsi qu’un correspondant dans chaque pays prêt à récupérer les courriels et courriers et à les réadresser ensuite à ses instances nationales comme nous allons le faire en France.
N’hésitez pas à vous manifester si vous êtes prêts à participer vous-mêmes ou à nous faire bénéficier de vos contacts.

Yannick Vallençant
Christian Ravier

À lire sur le sujet cet article sur “Le Monde.fr”

2 Commentaires pour “NON aux porteurs de flamme Olympique à l’Everest”

  1. Raulet Yan à écrit:

    Le syndicat national des guides de montagne français a pris position en cosignant avec le club alpin et l’union internationale des guides de montagne un texte commun: http://www.chamonixskiguide.com/francais/everestflammeolympique.htm

  2. M a n u à écrit:

    La FFCAM, le SNGM et l’UIAGM réagissent.

    Suite à l’édito de Bernard Mudry - Président de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, relatif au passage de la flamme olympique à l’Everest (publié dans Montagnes Infos n°36 -la revue interne de la FFCAM en mars 2008), le débat s’est répandu dans la communauté montagnarde. Le Syndicat des Guides, la FFCAM et l’Union Internationale des Associations de Guides se sont ainsi rassemblés pour s’exprimer d’une seule voix :

    “Le Syndicat National des Guides de Montagne (SNGM), la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) ainsi que l’Union Internationale des Associations de Guides de Montagne (UIAGM) ne souhaitent en aucun cas voir leur image associée de quelque façon que ce soit, au projet « Flamme Olympique à l’Everest ». En effet, cette manifestation, qui consiste à faire « du toit du monde » le support d’une opération médiatique de grande ampleur au profit de l’olympisme, ne présente à nos yeux aucun rapport avec les valeurs que nous souhaitons promouvoir à travers nos pratiques.

    Par ailleurs, ce projet, par lequel les organisateurs des jeux entendent valoriser universellement l’esprit de compétition, entretient une confusion qui ne peut qu’être préjudiciable à l’alpinisme.

    Enfin, au regard de la situation géopolitique de cette région du monde et compte tenu des atteintes constantes portées à la liberté d’expression et de circulation des populations locales, le SNGM, la FFCAM et l’UIAGM ne peuvent que désapprouver cette manifestation qu’ils considèrent comme particulièrement inopportune.”

    - Chomolungma, 2008 année noire.

    Edito de Bernard Mudry, publié dans Montagnes Infos n°36, mars 2008.

    “Non contentes, au mépris de l’esprit olympique, d’avoir accordé les Jeux 2008 à la Chine – pays peu scrupuleux en matière de démocratie et de protection de l’environnement –, voici que maintenant les autorités du CIO permettent aux organisateurs tout et n’importe quoi. Lors du parcours de la flamme olympique, on va finir de démythifier le plus haut sommet du monde en le transformant en vulgaire objet de promotion politique. Il est en effet prévu de faire passer la flamme sur le « toit » du monde, ceci au prix d’une mainmise complète sur l’itinéraire tibétain. Réduire le versant tibétain de la montagne à un cirque dévolu à l’argent s’inscrit dans un lent processus de banalisation de ce sommet. Depuis plusieurs années, de nombreuses agences commerciales dirigées par des guides –notamment américains et néo-zélandais– payent au gouvernement chinois des royalties afin de s’installer pour toute la saison au camp de base. Depuis ce dernier, pourvu de tout le confort, légumes frais et autres fantaisies (demandées par des clients fortunés) sont commandés via Internet et livrés pratiquement chaque jour par hélico. Pour le confort d’ascension des clients, ces agences emploient des dizaines de sherpas équipant la totalité de l’arête de plusieurs kilomètres de cordes fixes.

    Pour hisser la flamme olympique, les Chinois vont bénéficier de cette logistique et devront régler d’autres problèmes : aucune combustion naturelle n’étant possible à cette altitude, il leur faut en effet créer une torche spéciale sous cloche utilisant différents mélanges gazeux avec apport interne d’oxygène.

    On peut légitimement s’interroger sur l’impact d’une telle opération, menée dans l’indifférence de la communauté internationale vis-à-vis du peuple tibétain et de sa culture. Que la montagne soit ainsi artificialisée, banalisée, outragée, me choque profondément. Mais que des montagnards –de surcroît guides–, se prêtent à ce jeu, m’interpelle. Par notre silence, nous, membres de la communauté montagnarde, contribuons à l’ouverture d’une ère du clinquant pour nos activités –une ère où l’artifice et l’argent, bien loin des fondamentaux de l’alpinisme, prédomineront.
    Est-ce l’avenir que nous voulons nous réserver ?”

    Bernard Mudry,
    Président de la Fédération française des clubs alpins et de montagne

    Source : http://www.ffcam.fr/index.php

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